Même à l’ère de la numérisation, un bon leadership reste un critère de réussite essentiel pour toutes les entreprises. Et cela ne doit guère changer. Les gestionnaires doivent simplement s’adapter à de nouveaux instruments et à une vitesse beaucoup plus élevée.

La numérisation n’entraîne pas seulement des changements dans les processus et une transformation importante du monde du travail dans les banques et les caisses d’épargne, elle impose également de nouvelles exigences au niveau de la direction. Les gestionnaires devraient être des « leaders numériques », ou du moins le devenir rapidement. Certains auteurs supposent même un changement de paradigme conduisant à un avenir sans gestion.

Les « leaders numériques » doivent donner l’exemple de la transformation numérique

Tous les employés qui souffrent de mauvais supérieurs seraient certainement contents. Cependant, ces patrons ont toujours été hors de propos, et pas seulement avec la numérisation. Une bonne direction a toujours été caractérisée par le respect, l’empathie, l’ouverture, l’écoute active et le fait que les employés soient amenés à suivre la voie qui a été élaborée ensemble, si possible. Et même dans le passé, diriger signifiait donner le bon exemple. En conséquence, les « leaders numériques » doivent diriger et donner l’exemple de la transformation numérique.

Le changement constant des exigences et des circonstances n’est pas non plus un phénomène nouveau, seule la vitesse a augmenté de manière exponentielle. Ici, la gestion de la sécurité des employés reste une tâche de la direction. Ce ne sera pas une tâche facile, surtout pour les directeurs de banque, car de nouvelles estimations du nombre d’emplois bancaires qui disparaissent sont rapportées dans les médias presque quotidiennement.

La transformation numérique offre des opportunités

Mais la transformation numérique n’est pas seulement synonyme de stress dû aux changements constants et aux emplois menacés. Elle permet également de nouvelles formes de travail (de coopération), de communication et d’organisation, auxquelles le niveau de direction doit répondre. Les membres de l’équipe sont situés à différents endroits dans différents fuseaux horaires, le travail autodéterminé devient plus important, les hiérarchies se dissolvent et la transparence des processus et la vitesse de communication dans l’entreprise augmentent.

On attend des gestionnaires une grande ouverture, une grande flexibilité et une grande affinité pour les nouveaux outils numériques. Malgré un exemple négatif bien connu aux États-Unis, il est donc logique que les managers apparaissent également dans les médias sociaux. Sur les 30 PDG de sociétés de DAX, seuls sept sont représentés sur Twitter, LinkedIn ou Xing. Cela signifie que l’Allemagne est toujours en retard sur ses petits voisins, l’Autriche et la Suisse.

Le leadership numérique est synonyme de changement culturel

Les employés attendent des « leaders numériques » qu’ils dirigent et illustrent la transformation numérique dans l’entreprise. Cependant, selon les enquêtes, la compétence numérique et en matière de changement des dirigeants des banques et des caisses d’épargne en particulier est très faible. Afin de gérer une banque avec succès à l’avenir, il faut créer un environnement de travail qui favorise la créativité et la motivation. Les interventions de pilotage et les lignes directrices descendantes ralentissent la capacité d’innovation et l’initiative.

La culture de gestion en Allemagne doit changer globalement. Même les banques, qui comptaient autrefois parmi les employeurs les plus populaires, doivent faire face à la « guerre des talents » et à la concurrence des start-ups en tant qu’employeurs potentiels. À l’avenir, des salaires élevés ne suffiront pas à attirer les meilleurs employés. La culture de gestion ne doit plus considérer l’homme comme un simple facteur de production. Un bon leadership déplace l’accent de ses actions de l’efficacité et du profit vers l’innovation. Il sera plus important d’inventer et de mettre en œuvre de nouvelles choses que d’optimiser le statu quo. Cela nécessite une organisation souple qui favorise la créativité, la coopération et le changement.

Oser être plus ouvert

Les leaders du numérique doivent associer les méthodes de gestion traditionnelles à la société de la connaissance numérique. Cela implique une approche ouverte de l’information et une ouverture aux nouvelles idées et expériences, échouer souvent, échouer rapidement (mais, espérons-le, moins cher).

Même en tant que dirigeant de banque, vous devez utiliser et promouvoir les médias numériques pour permettre l’agilité, la rapidité et la flexibilité. Malheureusement, la micro-gestion est encore très répandue et doit être remplacée par l’autonomie et la confiance des employés. Et, bien sûr, les gestionnaires doivent aussi rendre leur travail visible et être ouverts aux commentaires. L’effort pour passer d’un micromanager à un leader numérique en vaut la peine – les entreprises leaders du numérique réalisent des ventes plus importantes, sont plus rentables et ont une valeur d’entreprise plus élevée que les entreprises traditionnelles.

Un bon leadership est un facteur de réussite important dans le domaine de la numérisation

Un bon leadership, qui motive plutôt que de contrôler, a toujours été important. En raison de la numérisation et de la pénurie de main-d’œuvre, elle devient une question centrale pour toutes les entreprises. Même s’il devait s’avérer vrai qu’un grand nombre d’emplois bancaires seront perdus à cause de la numérisation, les emplois restants seront d’autant plus importants. La direction de la banque est également chargée de s’assurer que les employés souhaitent travailler dans cette banque en raison de sa bonne culture d’entreprise et des tâches intéressantes qu’elle propose. L’abolition de l’obligation de cravate n’est certainement pas la fin de l’histoire.