Il n’est pas rare que les salariés confondent les missions intérimaires avec le portage salarial. Il faut dire que ces modèles reposent tous deux sur une relation tripartite. Néanmoins, ces deux solutions ne s’adressent pas aux mêmes types de travailleurs et possèdent même de nombreuses différences. Vous trouverez dans le texte ci-dessus un récapitulatif des plus significatives d’entre elles.

Pourquoi une telle confusion ?

Pour ceux qui ne le sauraient pas encore, l’intérim est une forme de travail permettant à une entreprise de faire appel à une société spécialisée pour lui fournir du personnel afin de mener à bien une tâche précise. En pratique, l’intérimaire signe un contrat avec l’agence qui sera chargée de trouver des missions et de le rémunérer dès qu’il sera en poste. Dans le cas contraire, le travailleur est non salarié et peut donc bénéficier des dispositifs sociaux. Le portage salarial est une solution plus moderne. Elle concerne avant tout les professionnels capables de travailler seuls et possédant un savoir-faire technique important. Le salarié porté signe alors un contrat de travail classique (CDD ou CDI) avec la société de portage salarial. L’accord doit également mentionner, dans un document spécifique nommé convention de portage, la relation entre les deux parties. Dans la plupart des cas, la société de portage s’occupera, contre rémunération, des tâches administratives particulièrement chronophages.

En dépit de profondes différences qui seront évoquées plus loin dans ce texte, on note également des similitudes entre ces statuts. Tous deux permettent au salarié de bénéficier des avantages sociaux (cotisation sécurité sociale, droit aux congés payés et à la retraite, etc.) et devront faire l’objet d’une déclaration fiscale (impôt sur le revenu avec déduction des frais professionnels notamment).

Des degrés d’autonomie différents

Si ces deux types de travailleurs sont bien des salariés, il ne faut surtout pas croire qu’ils bénéficient du même espace de liberté dans leur vie professionnelle. Dès lors que sa mission débutera, l’intérimaire va être placé sous la responsabilité hiérarchique de l’entreprise qui l’accueillera. De ce point de vue, il n’existe donc pas la moindre différence avec un salarié “interne”. En revanche, il n’en est pas de même avec un consultant porté. Ce dernier conservera toujours son indépendance sur le plan professionnel vis-à-vis de l’entreprise qui fait appel à ses services. Néanmoins, il est également important de préciser qu’il subsiste un lien de subordination juridique avec l’employeur (à l’image d’un travail indépendant), à savoir la société de portage.

Pouvoir choisir ses missions

Pour un travailleur intérimaire, il est difficile de refuser une mission. Bien sûr, la loi autorise un tel acte mais, en pratique, on constate que les agences blacklistent certains intérimaires après quelques refus. Il est même conseillé d’accepter des missions peu motivantes ou sans rapport avec vos compétences afin de vous voir proposer des prestations plus intéressantes par la suite. Les consultants indépendants réalisant des prestations de services via une société de portage n’ont pas toutes ces contraintes. Ils demeurent entièrement autonomes.

Décider de vos revenus

Le travail en portage salarial introduit également une forte évolution concernant les revenus. Le salarié porté demeure en effet totalement libre de décider ses taux horaires. Ces derniers sont le plus souvent fixés après une négociation entre le salarié et l’entreprise cliente. En aucun cas, la société de portage ne peut intervenir dans ce processus. Dans le monde de l’intérim, la réalité est toute autre. Les rémunérations sont généralement établies d’après de grilles tarifaires et sont adaptées en fonction des capacités financières de l’entreprise cliente. Pour ces dernières, l’intérim représente bien souvent la meilleure solution pour trouver du personnel immédiatement opérationnel à moindre coût.

Une protection moindre en intérim

Vous devez prendre conscience que le travail en intérim concerne surtout les travailleurs peu ou pas qualifiés. Il est donc logique que ce statut soit majoritairement considéré comme précaire. Si l’agence ne parvient pas à vous trouver des missions, vous pouvez donc demeurer plusieurs semaines sans le moindre revenu (autres que des prestations sociales). Autant vous dire que si un intérimaire a l’intention de demander un prêt bancaire, il doit s’attendre à de nombreux refus de la part des établissements financiers. Si vos connaissances et compétences vous permettent de répondre à des besoins précis et bien identifiés, il semble donc plus avantageux de se tourner vers le portage salarial. Dans le cas contraire, vous aurez forcément du mal à dénicher des clients et donc à assurer vos revenus !