WhatsApp and Co. sont de plus en plus populaires. Rien qu’en Allemagne, près de 70 % des internautes utilisent des services de messages courts – et la tendance est à la hausse. La transition entre l’utilisation privée et professionnelle de ces services est souvent fluide. Est-ce une malédiction ou une bénédiction ?

Un message court à toute la famille, un message rapide à votre meilleur ami. Les applications de messagerie sont simples et pratiques. Mais qu’est-ce que ça fait quand votre téléphone portable émet un bip après le travail et que le patron appelle via WhatsApp ? Ces services de messagerie sont utilisés depuis longtemps à des fins commerciales.

Des distances et un temps raccourcis

Nous sommes invités à rendre visite à nos voisins un dimanche après-midi. L’animateur Fabian est debout devant son grill et tourne les saucisses alors que son téléphone portable vibre dans la poche de son pantalon. “Pouvez-vous prendre la relève ?”, me demande-t-il en me tendant la pince à griller.

Via WhatsApp, il a appris de son chef de service qu’il lui fallait encore quelques documents pour la réunion de lundi matin, et qu’il serait heureux de les recevoir dans les deux heures qui suivent. “Je ferais mieux de faire ça tout de suite”, dit Fabian et disparaît dans la maison.

Pendant un moment, je pense à écrire au patron que je suis inquiet pour mes saucisses, mais je préfère ne pas le faire. Lorsque Fabian revient après 20 minutes, nous sommes déjà assis à la table. Les saucisses sont bonnes. Fabian n’est pas de mauvaise humeur en raison du travail spontané. “C’est ce dont nous avions convenu et je suis tout à fait d’accord avec cela”, explique-t-il.

Au travail, Messenger remplace le courrier électronique et les SMS

Je suis cependant encore assez irrité et je me demande combien de fois une telle chose se produit. “Le week-end, cela n’arrive vraiment qu’en cas d’urgence, mais dans la vie de tous les jours, je reçois souvent des instructions professionnelles par message”, explique Fabian.

Il signale qu’ils ont également mis en place des groupes individuels dans lesquels ils s’envoient mutuellement des informations et des demandes professionnelles, et que des collègues s’envoient également des documents et des plans par ce biais. “Nous n’utilisons plus nécessairement le courrier électronique depuis un certain temps”, me dit mon voisin. Pour lui, les SMS sont même de l’histoire ancienne.

Et avec cela, l’entreprise de Fabian s’inscrit pleinement dans la tendance. Le développement de la technologie rend possible bien d’autres services que le simple envoi de messages courts. Les collègues discutent entre eux pendant les heures de travail, échangent des informations et reçoivent un retour d’information immédiat. Le processus de travail se déroule ainsi plus rapidement et plus efficacement. Il est possible que les services de messagerie remplacent bientôt complètement le courrier électronique.

Accessibilité : la nécessité d’établir des règles claires

“Il était en quelque sorte clair pour nous tous que les exigences envers les employés des entreprises, en particulier dans le domaine de la flexibilité, ont augmenté en raison des réseaux numériques. Mais nous nous sommes également mis d’accord sur des règles claires afin qu’il n’y ait pas de déplaisir à propos des nouvelles après le travail ou le week-end”, poursuit Fabian. Le spécialiste des études allemandes travaille dans une petite entreprise. Je ne suis pas sûr que notre comité d’entreprise accepterait de l’utiliser.

Une séparation claire entre l’usage professionnel et privé serait un peu plus difficile sur le canal de messagerie, mais elle serait parfaitement réalisable. Par exemple, vous pouvez vous “déconnecter” de vos collègues à l’avance ou indiquer dans votre statut “non disponible” si vous ne voulez être dérangé en aucune circonstance. “Cela est alors visible dans notre groupe et un autre collègue peut alors intervenir et prendre le relais si nécessaire”, explique Fabian.

Par ailleurs, plus le nombre d’heures travaillées par le salarié est élevé, plus il peut être comptabilisé comme heures supplémentaires. L’année dernière, il a pu prendre des vacances plus longues et se détendre de cette manière, rapporte-t-il. “N’avez-vous pas été dérangé du tout pendant cette période ?”, me demande-t-on curieusement. “Pas une seule fois”, dit-il en souriant et ajoute : “Mon statut était clair : vacances – indisponible. Je dois sourire et ajouter : “Pensez au statut : saucisses sur le grill”.